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"Ah... le sens de la vie. Tout le monde lui court après, on en aurait presque déduit qu'il était innacessible.
Et pourtant...
Tu vois, c'est l'incapacité fondamentale de l'humanité à appréhender le sens de la vie qui m'a mis la puce à l'oreille.
Et quand on a compris le sens de la vie, il n'y a rien d'étonnant à savoir qu'on l'a toujours eu devant les yeux.
C'est si simple, si cru, le sens de la vie..."
"Nous, français, on avait un avantage. La polysémie. Mais la polysémie, c'est déjà très compliqué, tu me diras..."
"Par exemple, prends l'expression anglaise "the meaning of life". Elle passe complètement à coté. Avec le mot "meaning", ça ne marche pas, car il n'a qu'un sens.
Le sens du mot "sens", je ne t'apprend rien, c'est la relation intelligible entre les signifiants, la sémantique, mais ça désigne également nos facultés à percevoir la vie. Et le plus important, le sens EST la direction. Et le sens de la vie, l'unique qui nous soit absolu, ça peut paraître idiot, mais c'est ça. C'est celui de la flèche du temps, celle qui va de la naissance à la mort. Ensuite, il reste à le comprendre."
"Cette flèche du temps qui structure notre univers sensible depuis notre apparition où nous n'étions pas avant jusqu'à notre disparition où nous ne serons plus après. C'est la seule constante.
Entre les deux, quelque chose qu'on a appellé l'intelligence s'agite autour d'une représentation d'un Monde perçu comme tel et y effectue des transformations, certaines pour se souvenir de ce qui a été perçu, d'autres pour reconnaître et identifier ce qui l'est, d'autres encore pour anticiper, deviner ce qui le sera. Il en existe même pour s'évader, et bien souvent on utilise toutes les fonctions possibles en même temps. C'est amusant comme les flèches du temps des mondes sont multiples, elles pointent le passé, le futur, la parallèle, le possible et l'impossible, mais le mécanisme est exactement le même dans les souvenirs, la reconnaissance, l'anticipation, le calcul, les rêves. C'est le parcours d'un monde dans notre tête. Toutes les relations dans ces mondes, les relations entre les mondes de chacun d'entre nous, les relations entre nos mondes et le monde réel, ce ne sont que des sens locaux."
"A chaque fois qu'on perçoit un Monde, on le perd. D'abord parce qu'on se trompe, qu'on est incapable de le percevoir dans sa réalité, mais à sa place on obtient seulement quelque chose qui s'intègre dans notre vision déjà construite, dans nos règles. Ensuite, parce sa structure a la complexité de l'infini : pour l'assimiler, nous le synthétisons, nous perdons les détails, nous perdons la réalité. Nos bases sont toujours biaisées, on les veut les plus solides possibles mais elles s'appuient toujours sur des axiomes innaccessibles à la sémantique. Il est impossible de combler ces systèmes. Et on tort de négliger le principe du talon d'Achille. Oui, c'est vrai, on définit des relations d'ordre, pour conforter nos choix, qui seront donc meilleurs que d'autres dans le système de pensée qu'on a choisi. Et, bien souvent, la vérité est pourcentable. On est "quasiment certain" de ne pas se tromper. Pour le chercheur d'absolu, être quasiment certain ne suffit pas à son exigence, pour le scientifique, elle n'explique pas tout les phénomènes, pour le fou, le génie, et l'oracle, elle est la barrière conceptuelle dont ils se sont affranchis.J'étais perdu. Ce type mélangeait tout. Ca ressemblait à un vrai capharnaüm d'influences non digérées. Le chanvre n'expliquait pas tout. J'avais la vague et étrange intuition que son discours était incohérent; sur le moment, je ne pouvais dire pourquoi.
Il ne faut pas beaucoup de choses pour trouver des relations d'équivalences entre la pensée d'un fou et, disons, la tienne. Et alors, tu sais ce dont on s'aperçoit? On s'aperçoit que ces équivalences sont absolument fondamentales. Dans l'absolu, tu n'as pas plus raison qu'un fou. Nous sommes tous congrus."
"Alors, avouons-le, nous sommes producteurs et consommateurs de sens, notre vie est le substrat en dehors de laquelle le sens ne veut rien dire.
La vie, ça ne sert pas à comprendre le sens, ça permet d'en expérimenter les limites.
Il n'a rien de mystérieux finalement. Il ne faut pas chercher midi à l'heure de partir. Le sens de la vie est ce qu'il est.
"Il ne faut rien attendre de la vie. Il faut vivre sans demander."
"Est-ce que tout est dit pour autant? Non, bien sûr. On peut changer d'avis. D'ailleurs toutes nos existences se résument à apprendre et désapprendre ce qui peux changer, de ce qui ne peut pas l'être. Continuer à parcourir le monde, transcender, oublier, exploiter ses contradictions dans tous les sens, ceux dont je parlais tout à l'heure. Et puis changer d'avis.
Demain, je douterai encore, et j'aurai probablement peur de mourir. Et je dirai d'autres n'importe quoi, dictés par des raisons et des émotions qui sont invisibles à ma conscience. Je t'affirmerai tout le contraire de ce que je t'ai affirmé ce soir. J'aurai tort, bien sûr, j'en suis absolument convaincu. Mais arrivera un jour où je serais encore plus convaincu qu'aujourd'hui."
"Tu ne peux pas assumer tes propres pensées?"
Commentaires :
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ryne |
Le cercle des "penseurs" n'a finalement pas totalement disparu. Me voila rassurée. J'aimerais quand même savoir, si tu as une mémoire d'éléphant, si c'est une fiction, ou juste du -pofinage- d'esprit tordu. Une chose est sur, joyeux Noël. |
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Daniel 25-10-05
à 13:33 |
Phew, for a minute there, I lost myselfCa s'est passé comme ça, de mon point de vue.
Sincèrement, Daniel. |
à 04:14