Tribune Libre Vendu
Un
blog, c'est un endroit d'expression libre. C'est pour cela que,
ponctuellement, je cède un bout d'espace à quelqu'un qui m'en a fait la
demande. Aujourd'hui, Cyolin, 21 ans, qui désire nous faire passer un message d'information à destination du genre féminin en ce début de vacances.
Ce matin d'été, j'ai entendu cet échange :
- "Bonjour, mademoiselle, je cherche ma femme."
- "A quoi ressemble t'elle?"
- "Je ne sais pas."
Cette conversation, c'était aux alentours de ma tête. Celui qui cherchait, c'était moi.
Chaque été ou j'ai été célib' à terre, j'ai pu le constater. Promiscuité, tenues qui promettent nus, l'astre solaire se moque nonchalament de la lune par son inflluence sans challenger sur nos désirs d'Eros.
Un peu plus loin, il y avait cette légère fille rose en robe jolie. Je lui demandai le premier chiffre qui compose son numéro de portable. Surprise, elle se mit à rire et me demanda pourquoi :
- "Pourquoi?"
Je lui expliquais que si le hasard recroisait nos chemins encore neuf fois, et si à chacune de ces fois, elle m'accordait l'agrément d'un nouveau chiffre en échange de ma bonne compagnie, alors elle aurait le temps de savoir si elle désirait me parler au téléphone. J'eu de la chance, elle me concéda que le premier chiffre de son numéro était le zero.
Puis je pris le métro et, d'affluence forte, la marée humaine me força à me tenir debout au dessus d'une autre demoiselle. Je ne pu voir son visage mais ses cheveux étaient beaux comme une supernova, et juste au dessous de moi, son sac était tout vert. J'y laissais (malencontreusement) tomber mon portable. Puis je descendis à la station suivante, et courru à une cabine. Nous convenâmes de nous retrouver dans un café en fin d'après-midi. Engaillardi par ces succès sans espaces, je me surpris à tirer à boulets rouges mes sourires les plus charmeurs et à décocher mes oeillades les plus fleuries, tel une tête brulée. Ainsi, le soleil au décolleté grand ouvert, je déambulais et m'approchais d'une terrasse. Téméritant un aplomb de ministre, je demandais à de delicieuses futures clientes :
"Que désirez-vous?". Mon noeud intérieur faisait papillon, elle me prirent pour un serveur.
Elles commandèrent des noms alambiqués. De retour avec les consommations d'essences distillées, je leur affirmais ma disposition à les aider pour quoi que ce soir. Elle ne comprirent pas encore. Je voulais les aider.
Je m'assis auprès d'elles, et à trois nous formâment bientôt un coeur dont la pointe me léchait à mesure que j'égrènais des poèmes dont j'avais conservé la fraîcheur dans des secrets d'alcôves.
J'entendais les claps de mes souricières tandis qu'elles écoutaient mes lèvres. J'étais sincère.
En embrassant leurs poitrines, j'étais convaincu que nous construisions autre chose que des souvenirs.
Juste au moment de m'endormir, j'ai réalisé que je m'étais levé le matin même bien différent du même soir. Pureté et obsession, espoir, puis luxure et évanescence, repu. Et pourtant j'étais bien la même personne. Les loups dans la bergerie pratiquent la double-pensée. Ils se vivent moutons.
Nous sommes les don juin, nous sommes les baut-parleurs.
Nous jouons les jolies cours, nous avons un arôme antique.
Méfiez-vous, les filles. L'été arrive.
Nous avons fini d'hiberner.
Et nous avons faim.
à 15:51